Budaj est toujours tenu en haute estime par ses coéquipiers

vendredi 2014-05-23 / 21:14
Arpon Basu  - Directeur de la rédaction LNH.com

NEW YORK – L’entraîneur du Canadien de Montréal Michel Therrien et son personnel savaient qu’il y aurait des implications politiques lorsqu’ils ont décidé de faire appel aux services du gardien recrue Dustin Tokarski pour venir en relève de Carey Price, blessé, pour la deuxième partie de la finale de l’Association de l’Est.

L’un des joueurs les plus populaires dans le vestiaire du Canadien est le gardien réserviste Peter Budaj, qui conserve son rôle d’auxiliaire alors que Tokarski devient la coqueluche de la LNH, du moins pour l’instant. Si quelqu’un cherchait à convaincre un membre du Canadien de complimenter ses coéquipiers, la meilleure façon de commencer serait de lui demander de parler de Budaj.

Therrien en était parfaitement conscient, et c’est pourquoi il a cherché à savoir, avant de l’annoncer publiquement, si sa décision de faire de Tokarski son homme de confiance serait bien reçue dans le vestiaire.

« Quand j’ai pris ma décision, je me suis assis avec mon capitaine [Brian Gionta] et Josh Gorges, et je leur ai expliqué pourquoi j’avais pris cette décision », a expliqué Therrien vendredi à l’hôtel du Canadien. « Les deux ont semblé être en accord avec celle-ci. »

Il a mentionné qu’il a tenu cette conversation afin de maintenir une bonne communication, mais il aurait été hautement improbable qu’il aurait procédé de la sorte s’il avait décidé de retrancher un patineur de la formation.

Non, Budaj occupe une place spéciale dans ce vestiaire, et lui préférer Tokarski a été une décision audacieuse de la part de Therrien en raison de ses possibles implications sur la chimie de l’équipe, qui a été vantée par tous ceux qui gravitent autour de l’équipe comme l’une des raisons qui expliquent ce parcours en séries éliminatoires.

Il a été demandé au centre du Canadien Lars Eller quelle avait été l’incidence sur la chimie de l’équipe de voir Budaj se faire refuser cette chance, et Eller a eu de la difficulté à répondre à cette question.

« L’incidence que cela a eu? a-t-il commencé. Umm, je ne sais pas. En tant que joueur, on tente de demeurer concentré sur sa tâche. Vous savez quoi? Je ne sais vraiment pas quoi répondre à cette question. Ça ne change vraiment pas grand-chose du point de vue des joueurs. »

Alors qu’il prononçait ces mots, Eller s’est mis à s’éloigner tranquillement des journalistes. La question l’avait clairement mis mal à l’aise.

Mais lorsque Alex Galchenyuk a marqué en prolongation pour procurer au Canadien une victoire de 3-2 dans le troisième match, réduisant l’avance des Rangers de New York à 2-1 dans cette série quatre-de-sept, la plupart des joueurs ont quitté le banc et se sont agglutinés autour de Galchenyuk. De son côté, Budaj est allé voir Tokarski, et lui a donné une accolade d’appréciation.

Il n’est pas difficile de voir pourquoi ses coéquipiers le tiennent en si haute estime alors que le Tricolore se prépare en vue du match no 4 qui aura lieu dimanche (20 h (HE); NBCSN, CBC, RDS).

« C’est ce qu’il est », a souligné le centre du Canadien Tomas Plekanec en parlant de Budaj. Il voudrait évidemment jouer, mais il a pris la chose de manière fantastique.

« S’il existe un joueur dans l’univers du hockey qui aurait pu réagir à cette situation de la meilleure façon possible, c’est [Budaj]. Je ne crois pas qu’un autre joueur aurait pu le prendre aussi bien que lui. Il est un vrai joueur d’équipe. Il est l’un des meilleurs gardiens auxiliaires avec lequel j’ai pu jouer. Il reste sur la glace tellement longtemps lors de chaque entraînement, chaque jour. Il ne peut profiter d’un entraînement optionnel ou d’un jour de repos. »

Le Canadien apprend toujours à connaître Tokarski, ce qui est parfaitement normal. Non seulement le gardien de 24 ans n’a pris part qu’à deux matchs de saison régulière avec Montréal. Mais personne ne s’attendait à ce qu’il se retrouve dans cette situation.

Therrien a pris sa décision en fonction du passé de gagnant de Tokarski, lui qui a remporté la Coupe Memorial en 2008, le Championnat mondial junior de la FIHG en 2009 et la Coupe Calder en 2012.

Tout cela était inconnu d’Eller.

« Je ne le savais même pas, a-t-il admis. Maintenant, je le sais. »

Encore plus important, Eller et ses coéquipiers du Canadien savent maintenant qu’ils peuvent compter sur Tokarski au cours des présentes séries après sa performance de 35 arrêts qui lui a permis de voler la troisième rencontre et qui a permis à Montréal de revenir dans la série.

La première victoire en carrière de Tokarski en séries éliminatoires a été célébrée dans le vestiaire avec une tarte de crème à raser, une initiation qui a apparemment été organisée en solitaire par celui qui lui a envoyé cette offrande au visage dans le vestiaire des visiteurs du Madison Square Garden, l’attaquant Brendan Gallagher.

Ce fut un beau moment, qui a été capté sur vidéo et le monde a pu en être témoin, mais cela aura aussi permis de voir comment le Canadien perçoit son nouveau gardien. Oui, tout le monde souhaiterait que Price soit devant le filet tous les soirs, mais le jeune homme natif de Watson en Saskatchewan, se fait rapidement des amis dans le vestiaire, et ce, même s’il a pris la place de quelqu’un qui est l’ami de tout le monde dans cette pièce.

« Il voudrait jouer, mais il a très bien réagi à la situation, a conclu Eller. J’imagine que c’est ce qu’il faut faire en tant que gardien, et il se comporte de manière admirable jusqu’ici. »

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