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Bouchard : Le Wild surprend contre les Blackhawks

dimanche 2014-05-11 / 6:00
Olivier Bouchard  - Chroniqueur LNH.com

La confrontation entre le Wild du Minnesota et les Blackhawks de Chicago est une des agréables surprises de la deuxième ronde des séries. On s’attendait (du moins dans cette chronique) à une victoire relativement facile des Blackhawks, attente fondée sur une relative faiblesse de l’alignement du Wild comparativement à celui des Blackhawks. Ceux-ci ont en effet un formidable top-4 défensif, Jonathan Toews comme premier centre et un trio d’ailiers d’élite (Marian Hossa, Patrick Sharp et Patrick Kane). Contre les Blackhawks, Minnesota habille une équipe menée par quelques vétérans dans la force de l’âge (Mikko Koivu, Ryan Suter et Zach Parisé au premier chef), soutenus par un groupe de jeunes prometteurs bien qu’encore verts. Et pourtant, après quatre matchs, la série est égale.

Deux équipes qui sont nez à nez

Les différentiels de tirs avec le score serré des quatre matchs nous montrent un tableau serré.

Les Blackhawks ont bien réussi à travailler le Wild, notamment en 3e période des deux matchs à Chicago, profitant éventuellement d’un but dans un filet désert pour clore le débat. Mais le Wild a tout de même resserré l’écart à un but dans le premier match et créé l’égalité dans le deuxième. Au Minnesota, les Blackhawks n’ont jamais réussi à rendre la pareille au Wild en troisième période et comme on le constate dans le tableau, les Blackhawks ont globalement été incapables de tenir le coup au temps de possession lorsque le score était serré.

Il importe aussi de souligner que cette série n’est pas le théâtre, à l’échelle des quatre matchs, d’un duel inégal entre les gardiens de but, si ce n’est en avantage numérique, où Corey Crawford a su se distinguer.

Dernier élément dont on peut tirer leçon lorsqu’on regarde les différentiels de tirs : le Wild et les Blackhawks ont tous deux obtenus environs 65 pour cent des tirs vers le filet lorsqu’ils tiraient de l’arrière de façon significative, indice supplémentaire de l’équilibre des forces en présence. Seul endroit où les Blackhawks se démarquent, les mises en zone offensive, dont le bilan est à leur constant avantage. Ça n’est pas un détail : une mise en jeu permet après tout d’envoyer, à domicile, ses meilleurs éléments contre des éléments plus faibles de l‘adversaire et l’absence de mise en zone défensive accordée lorsqu’ils cherchent à combler l’écart permet aux Blackhawks d’éviter les situations embarrassantes.

Les face à face à Chicago et au Minnesota

Les deux premiers matchs, disputés à Chicago, permettent à Joel Quenneville de manipuler à son avantage les confrontations, ce qui lui permet de maximiser l’impact de ses deux défenseurs vedettes.

Le tableau ci-dessus nous permet de constater que c’est lorsque des paires de défenseurs dépareillées étaient sur la glace pour les Blackhawks que les choses ont dégénéré. Fait encore plus surprenant, ces moments de faiblesse ont presque toujours impliqué Duncan Keith ou Brent Seabrook. Keith et Michal Roszival cumulent un différentiel de -5 aux tirs, Johnny Oduya et Seabrook -8, et ce bien que ces tandems n’aient pris que deux mises en zone défensive et qu’ils n’aient pas particulièrement été exposés aux meilleurs éléments adverses. La machine s’enraye, tout simplement.

Autres éléments qui causent des difficultés aux Hawks, ni Toews (accompagné de Bryan Bickell et Hossa), ni Ben Smith (avec Kane et Sharp) ne réussissent à s’imposer aux tirs. Si Toews remplit un rôle défensif important en couvrant Mikael Granlund et Koivu, la chose est plus embêtante dans le cas de Smith, qui n’arrive pas à convertir un avantage territorial (+6 mises en jeu) et aux confrontations (il joue pour l’essentiel contre les deux derniers trios du Wild) en autre chose qu’un déficit aux tirs, essentiellement cumulé contre Kyle Brodziak et Justin Fontaine. S’ils n’ont pas des noms glorieux, force est d’admettre que le personnel de soutien du Wild semble savoir y faire en matière de défensive. De même, Brandon Saad (montré ici troisième mais en fait utilisé comme deuxième centre) se fait rétamer par Granlund. Décidément, le jeune finlandais est coriace.

Au Minnesota, Mike Yeo apporte des changements à son groupe de défenseurs et durcit les confrontations. Suter joue désormais avec Jonas Brodin et Keith Ballard remplace Nate Prosser. La paire Brodin-Suter fait ici un travail remarquable contre Toews, qui cède au temps de possession malgré un avantage aux mises en jeu. L’aide méthodique du capitaine Koivu n’y est pas pour rien, mais on voit aussi que Granlund est envoyé avec succès contre le capitaine des Blackhawks. Pour le reste, Yeo semble plus préoccupé d’attribuer les mises en jeu selon la zone que de générer des confrontations particulières. Granlund et Fontaine prennent les mises en zone offensive, Koivu et Brodziak veillent en défensive.

L’émergence de Granlund et Niederreiter

Globalement, ces données nous indiquent que le jeune Granlund a clairement émergé comme deuxième centre au Minnesota. La chose n’était pas toujours évidente en saison régulière, mais contre les Blackhawks, il tient son bout contre les meilleurs éléments adverses. Ces performances ne sont probablement pas étrangères à l’identité de ses compagnons de trio. L’arrivée de Matt Moulson à la date limite des échanges a en effet permis à Yeo de séparer Parise (son meilleur ailier) et Koivu (son meilleur centre), jusque-là utilisés ensemble pour gober un maximum d’assignations difficiles. Si Moulson joue désormais avec Brodziak (ce qui contribue certainement à rendre la 3e du Wild plus coriace), c’est que Nino Niederreiter a pris place aux côtés de Koivu et Charlie Coyle. C’est donc deux joueurs de minutes dures qui sont « arrivés » au Minnesota en cours de saison. De quoi faire une différence.

La faiblesse des Blackhawks

L’autre élément qui ressort de ces données est la faiblesse de la ligne du centre des Blackhawks. Hors Toews, point de salut. On a ainsi revu, encore, Handzus entre Hossa et Sharp lors du quatrième match, une combinaison pourtant abandonnée en première ronde. Les Blackhawks semblent présentement amochés (Niklas Hjalmarsson, notamment, dont la perte serait terrible) et leur défensive ne semble plus capable de jouer efficacement force contre force face au Wild. Parmi les favoris en début de tournoi, Chicago commence soudainement à ressembler à une équipe qui se bat pour le privilège de se faire battre en prochaine ronde. Sauront-ils rebondir?

Olivier Bouchard est journaliste indépendant. Il s'intéresse particulièrement au journalisme de données, notamment à son application au domaine du hockey. Vous pouvez le lire sur son blogue En attendant les Nordiques et il publie quotidiennement des observations sur le hockey et les statistiques sur Twitter. Pour mieux comprendre les statistiques avancées, cliquez ici.

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