La haine des Bruins envers le Canadien ne semble pas ouvertement réciproque

mercredi 2014-04-30 / 19:32
Arpon Basu  - Directeur de la rédaction LNH.com

BROSSARD – L'animosité entre les Bruins de Boston et le Canadien de Montréal semble être plutôt à sens unique.

Pas nécessairement en termes de victoires et de défaites, même si le Canadien a gagné six de ses sept derniers matchs contre les Bruins, mais davantage en ce qui concerne le niveau d’émotion entourant ladite animosité dans chaque camp. Les Bruins ne sont pas gênés de dire qu’ils détestaient le Canadien, alors que l’entraîneur Claude Julien l’a dit ouvertement mardi et que l’attaquant Milan Lucic l’a aussi admis mercredi, pendant que les deux équipes se préparent pour le début de leur série de deuxième ronde dans l’Est jeudi (19 h 30 HE; RDS, CBC, NBCSN).

« Oui, c’est vrai, a indiqué Lucic mercredi à Boston. Si vous leur posez la même question, je suis certain qu’ils vous donneront la même réponse en disant qu’ils nous détestent aussi. C’est tout simplement dans ma nature puisque ça fait sept ans que je suis ici et que je fais partie de cette organisation.

« Tu apprends juste naturellement à détester le Canadien de Montréal, et les batailles qu’on a eues avec eux au cours des dernières années aident définitivement à les haïr. Et puisque c’est la première fois qu’on se rencontre ailleurs qu’en première ronde, je pense que ça va définitivement atteindre un autre niveau. »

Cependant, il était difficile de trouver le même sentiment chez le Canadien par rapport aux Bruins.

Et peut-être que c’est ce qui rend la rivalité encore plus intéressante.

« Je ne pense pas que ‘haine’ soit le bon mot », a déclaré le gardien du Tricolore Carey Price après l’entraînement de mercredi. « ‘Compétitivité’, peut-être. »

Quand on lui a dit que les Bruins détestaient le Canadien, Price a eu l’air d’un père en train de sermonner son enfant pour avoir utilisé un mauvais mot.

« Ce n’est pas très gentil », a-t-il dit, sourire en coin.

Le Canadien perçoit les Bruins comme une équipe parmi tant d’autres, ou du moins c’est ce qu’ils laissent croire, et insistent sur le fait qu’ils ne changeront pas leur style ni leur identité lorsqu’ils affronteront leurs plus féroces rivaux. Mais ce style a invariablement rendu furieux les Bruins ces dernières années, et le Canadien espère qu’il aura le même effet dans cette série quatre-de-sept.

« Ils sont une grosse équipe et ils aiment jouer avec beaucoup de robustesse, a indiqué l’attaquant de Montréal Max Pacioretty. Évidemment, on veut jouer de façon robuste aussi, mais quand on ne se concentre que sur notre jeu et qu’on ne laisse pas ce qui se passe après le sifflet nous distraire, quand on s’éloigne de cela et qu’on reste discipliné, je pense qu’on a obtenu de bonnes chances de gagner des matchs contre eux. Mais ils vont évidemment être intelligents en séries. Ils ne vont pas écoper d’autant de pénalités que si c’était des matchs de saison régulière.

« On doit juste se concentrer sur notre jeu et ne pas se soucier d’eux. »

Certains pourraient être surpris de savoir que les Bruins ont en fait été une équipe moins punie que le Canadien pendant le calendrier régulier, avec une moyenne de 10,8 minutes par match pour Boston, en comparaison à 12,7 pour Montréal. Cependant, lors des quatre affrontements de saison régulière entre les deux équipes, les Bruins ont écopé en moyenne de 13,3 minutes de pénalité contre 11,3 pour le Canadien.

Les inégalités en ce qui concerne le jeu de puissance pour les deux formations le reflètent, alors que Montréal détient un avantage de 17-13, ou une supériorité numérique de plus par match, même si le Canadien n’affichait qu’un avantage de 2-1 au chapitre des buts avec un homme en plus.

« J’entends toujours la même chose, a dit le défenseur du Tricolore Francis Bouillon. J’entends toujours comment Boston va nous frapper partout sur la patinoire, et peut-être qu’ils le feront. Mais tout ce dont on doit se soucier, c’est gagner des matchs. S’ils font ça et qu’ils écopent de punitions, alors on devra marquer sur le jeu de puissance et gagner de cette façon-là. »

Un des joueurs qui est souvent la cible de cette haine est l’attaquant du Canadien Brendan Gallagher, qui a terminé au premier rang de la LNH pour les pénalités d’obstruction envers le gardien pendant la saison régulière, et qui met régulièrement en rogne les défenseurs à travers la ligue quand il fonce au filet à la recherche de retours de lancers.

« J’aime cette partie du jeu, a dit Gallagher. Je ne saute pas sur la patinoire en me disant que je vais aller déconcentrer tel ou tel joueur. C’est simplement une facette de mon jeu. J’essaie de jouer dur, et avec mon style de jeu, ce genre de choses survient habituellement.

« Ce n’est qu’une facette du jeu qui est la bienvenue pour moi, surtout dans une série comme celle-ci. »

Contrairement à Julien, l’entraîneur du Canadien, Michel Therrien, a refusé ne serait-ce que de s’approcher d’une question concernant sa haine pour les Bruins, mais sa réponse a été révélatrice puisqu’elle a semblé suggérer que le Tricolore ne s’en souciait pas du tout.

« On se concentre sur nous, a mentionné Therrien. C’est mon seul commentaire.

« Pour moi, ce ne sont pas les Bruins qui importent. »

Sauf que pour les Bruins, la principale préoccupation semble bel et bien être le Canadien. Cette différence n’est qu’une autre facette de cette fascinante rivalité, qui écrira son 34e chapitre en séries éliminatoires dès jeudi à Boston.

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