Cinq questions : Iginla se met à la chasse de la coupe Stanley

mardi 2014-04-15 / 14:16
Dan Rosen  - Journaliste Principal NHL.com

Jarome Iginla n’ose pas encore en parler avant d’avoir disputé son premier match des séries éliminatoires de la coupe Stanley avec les Bruins de Boston, mais il sait que sa meilleure chance de remporter le championnat pourrait bien être ce printemps, avec l’équipe ayant la plus grande profondeur avec laquelle il a joué.

Les Bruins ont remporté le trophée des Présidents. Ils peuvent utiliser quatre trios, trois paires de défenseurs devant un potentiel vainqueur du trophée Vézina en Tuukka Rask. Ils ont aussi un potentiel finaliste pour le trophée Selke avec Patrice Bergeron et Zdeno Chara, l’ex-vainqueur du trophée Norris, pourrait être finaliste pour le même honneur.

Neuf joueurs des Bruins ont totalisé au moins 40 points. Iginla et Bergeron ont mené l’équipe avec 30 buts chacun. David Krejci a amassé 50 mentions d’aide. Milan Lucic, Brad Marchand et Reilly Smith ont tous marqué au moins 20 buts.

« Je considère que nous avons vraiment une bonne équipe et que nos chances sont vraiment bonnes, a déclaré Iginla à LNH.com. Je comprends, pour avoir joué et avoir regardé le hockey au cours des nombreuses années, que l’on doit profiter de certaines chances, mais ce groupe travaille très fort et il y a beaucoup d’expérience dans ce vestiaire, des gars qui ont déjà gagné ou qui sont passés près. Nous sommes quelques-uns qui sont nouveaux et qui n’ont jamais gagné et nous sommes affamés. »

Iginla sait que les Bruins sont un choix populaire parmi les experts et si les Bruins remportent la coupe, Chara lui remettra probablement le gros trophée après l’avoir reçu des mains du commissaire de la LNH Gary Bettman.

Il sourit nerveusement quand on lui mentionne que ce scénario pourrait survenir.

« Je tente de ne pas trop penser à ce qui pourrait arriver, parce que ça n’aide pas si tu ne l’emportes pas et de plus, je veux profiter du parcours qui y mène », a dit Iginla.

Le long chemin commencera vendredi quand les Bruins accueilleront les Red Wings de Détroit au TD Garden (19 h 30, TSN, NBCSN) dans le premier match de la série. Iginla a passé 15 minutes au téléphone lundi à nous expliquer son expérience à Boston.

Voici les cinq questions à… Jarome Iginla

Peux-tu comparer la présente formation des Bruins avec les autres équipes avec lesquelles tu as jouées? Est-ce que c’est la meilleure équipe avec laquelle tu as joué? Est-ce que c’est l’une des meilleures équipes avec laquelle tu as joué? Comment peux-tu mesurer cela? Y a-t-il quelque chose qui t’a surpris?

« Je pense que nous écrivons encore l’histoire. Je crois que nous avons vraiment une bonne équipe. C’est vraiment l’une des meilleures équipes avec laquelle j’ai joué, à tout le moins l’une qui a le plus de profondeur à toutes les positions. C’est certainement l’un des groupes les plus compétitifs avec lesquels j’ai joué

« Avant d’arriver ici, je savais qu’ils étaient difficiles à affronter, mais quand tu les vois sur une base quotidienne, je ne devrais pas dire que c’était une surprise parce qu’ils sont tellement concentrés quand ils sautent sur la glace et quand c’est le temps de travailler, mais ce fut une agréable surprise. Je m’attendais à beaucoup, mais c’est bien d’en faire partie, tous les joueurs, le groupe de leaders partage vraiment tout cela. Tout le monde contribue. Chara, Bergie, Tuukka, Thorty (Shawn Thornton), (Gregory) Campbell, (Chris) Kelly, Looch (Lucic), Krejci, et je pourrais continuer à nommer d’autres joueurs. Ils ont bâti cette culture avec beaucoup de travail, qui s’ajoute à tout le talent que l’on retrouve ici. Ils ont vraiment de bonnes habitudes depuis plusieurs années. »

Je ne sais pas si tu avais besoin d’un nouveau départ après tout ce qui s’est passé à la fin de ton séjour avec les Flames de Calgary, l’échange, suivie de l’élimination, mais le fait de jouer pour cette équipe a-t-il contribué à te rajeunir d’une certaine façon?

« Je dirais que les dernières années ont été difficiles émotionnellement et quand je dis difficile, je sais que ce n’est pas vraiment difficile, car c’est du hockey, c’est la LNH et c’est plaisant de pratiquer ce métier, mais c’est à propos de réaliser des choses, d’atteindre des objectifs. À Calgary, on n’atteignait pas notre but et au cours des dernières années on se demandait toujours : allons-nous rebâtir ou non? Est-ce que j’allais être échangé ou non? C’était cette incertitude, cela finit toujours par nous atteindre un peu. J’avais beau essayer de demeurer concentré, mais c’est bien quand tu n’as pas à te préoccuper de ces choses-là. Plusieurs joueurs ont eu à passer à travers cette situation et ce fut mon tour l’année dernière. C’est l’incertitude qui est le plus difficile à supporter. C’est l’incertitude à l’extérieur de la patinoire aussi. J’aimais vraiment jouer à Calgary et y vivre, mais je voulais aussi gagner. Ce fut vraiment plaisant cette saison de pouvoir m’établir ici avant le début de la saison, inscrire les enfants à l’école, participer au camp d’entraînement avec les gars et savoir qu’ils sont derrière moi. J’avais peur un peu de l’inconnu, car je n’étais pas certain de comment ça allait se passer, mais ma femme adore Boston et mes enfants aiment leur école et leur équipe de hockey. C’est formidable et ce fut plaisant de gagner aussi. »

Je ne voulais pas en parler immédiatement, mais c’est un parfait enchaînement. Tu as connu un tel succès cette saison en jouant avec Krejci et Lucic. Vous sembliez avoir beaucoup de chimie et ils seront de retour à Boston la saison prochaine. Ça amène la question: veux-tu rester? As-tu eu cette conversation avec ta famille?

« Oh oui! C’est certain que nous avons discuté de l’avenir et de ce qui pourrait se passer. Nous aimons vraiment Boston. Il y a un bon mélange de vétérans et de joueurs qui sont encore jeunes et qui n’ont pas encore atteint leur apogée. Je pense que les Bruins vont être encore très compétitifs pour un bon bout de temps. C’est vraiment plaisant de jouer ici. Ma famille a bien apprécié. J’espère que tout ira bien et que je pourrai rester, mais en même temps, je sais que tout dépendra de la manière dont les choses vont se passer dans les séries éliminatoires. À la fin de la saison, les équipes ont toujours des décisions difficiles à prendre. Elles doivent chercher un bon équilibre entre l’avenir et le présent. Tout cela est hors de notre contrôle, et en ce moment et pendant la saison régulière, j’ai tenté de me concentrer sur mon jeu et ne pas m’en faire. Mes expériences des dernières années m’ont aidé de ce côté. C’est la LNH et peu importe le nombre années qu’il me reste à jouer, ça va passer rapidement. Ce fut une belle expérience cette année et ce fut plaisant de gagner. J’espère que tout se passera bien et j’aimerais être de retour, mais je sais qu’il y a beaucoup de choses qui sont hors de mon contrôle, donc je tente de demeurer concentré sur mon jeu et tenter de continuer de gagner. »

Tu as 36 ans et il y a des personnes qui se demandent si Jarome Iginla peut toujours tenir son bout et s’il pourra être efficace. Tu as encore une fois atteint le plateau des 30 buts pour la 12e saison de suite dans un calendrier de 82 matchs. Es-tu surpris de tes performances?

« Je ne sais pas. La saison dernière a été écourtée et ça allait bien à Pittsburgh jusqu’à la série contre les Bruins. Tout le monde se souvient. Oui, ce fut une série difficile. J’ai connu quatre matchs difficiles et en tant qu’équipe, nous avons connu quatre matchs difficiles. Mais je ne doutais pas de mes moyens, c’était juste une mauvaise séquence. Mais, quand tu vieillis, tu dois toujours te prouver.

« Même au cours de ma carrière, et la plupart des joueurs de hockey vont être d’accord, on tente toujours de prouver quelque chose. C’est ce qui te maintient à l’affût. Si tu es jeune et que tu connais une bonne première saison, tu tentes de répéter la saison suivante pour démontrer que ce n’était pas de la chance. Quand tu vieillis, tu tentes de prouver que tu peux toujours contribuer à un haut niveau. Il y a toujours quelque chose, ça sert de motivation. En ce qui me concerne, il y a quelques joueurs qui sont plus âgés que moi dans la ligue et qui font très bien. J’espère pouvoir jouer encore longtemps et bien faire. »

Votre trio a été réuni dès le premier jour et c’est rare, car les entraîneurs aiment bien jongler avec leurs lignes. Mais Claude Julien n’a jamais eu à vous séparer, car votre trio a si bien fait. Pourquoi avez-vous connu un tel succès et peux-tu retourner en arrière et te souvenir, si tu avais connu pareille expérience avant?

« C’est vraiment rare de jouer au sein du même trio pendant toute une saison. La seule fois que je peux me souvenir, c’est la saison que j’ai gagné le titre des pointeurs (2001-02) quand j’ai joué avec Craig Conroy et Dean McAmmond, nous avions une bonne chimie et je ne me souviens même pas si nous avions joué ensemble toute la saison. Mais ici, nous sommes demeurés ensemble toute la saison, et je n’avais jamais vécu cela à partir du camp d’entraînement. Ce fut vraiment plaisant.

« Il y a des fois où on a connu des périodes difficiles, où on ne produisait pas comme on l’aurait voulu. On a dû travailler fort sur certains points, mais en général, ç’a bien été, surtout d’être le nouveau gars sur le trio et de créer une telle chimie.

« Claude nous a donné une chance. J’ai vraiment connu un lent départ, mais le trio allait bien. Tu te demandes toujours ce qui se passerait si l’entraîneur utilisait un autre joueur et qu’il faisait mieux? J’ai apprécié cette chance. J’ai aimé jouer avec eux. Ils travaillent très fort. Ils sont talentueux. Ils sont fiers de leur échec avant. Krejci est un grand passeur. Lucic ne reçoit pas assez de crédit pour ses habiletés à fabriquer des jeux parce qu’il est tellement gros et robuste, mais j’ai beaucoup profité de ses belles passes aussi. Il continue de s’améliorer. Il est rapide pour un joueur de son gabarit. Il provoque tellement de revirements. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter: @drosennhl

HAUT DE PAGE