Analyse : Plus d’un défi à réaliser pour Alex Ovechkin

dimanche 2014-02-02 / 17:00
Dan Rosen  - Journaliste Principal NHL.com

Alex Ovechkin est à une semaine de se retrouver dans une marmite déjà bouillante dans son pays d’origine, où il aura une occasion de passer à la légende en participant aux Jeux de Sotchi.

Sidney Crosby se rappelle très bien des forts sentiments qui l’ont habité lorsque toute la nation canadienne avait les yeux fixés sur son équipe de hockey lors des Jeux de Vancouver disputés il y a quatre ans.

« Il faut saisir l’occasion », a-t-il déclaré à LNH.com. « On veut tellement gagner et on sait que c’est exactement à quoi on s’attend. Il faut se rappeler que c’est pour ça qu’on joue au hockey, pour vivre une expérience semblable, parce que tout le monde est impliqué et que la passion est vibrante.

« Je sais de façon certaine qu’à Vancouver nous avons utilisé cette énergie à notre avantage. C’était un gros plus de jouer à domicile. Nous n’avons pas laissé cette pression nous rendre hésitants. Nous en avons profité. »

Quatre ans plus tard, Ovechkin fait face à la même pression et aux mêmes attentes alors que les Jeux de Sotchi se rapprochent de plus en plus, le tournoi de hockey débutant le 12 février.

La superstar des Capitals de Washington est le cœur et l’âme, le joueur clé de la formation russe. Ce seront les Jeux de la Russie et de son président Vladimir Poutine, mais aussi ceux d’Ovechkin, le seul joueur de hockey désigné comme ambassadeur des Jeux.

Il a aussi été le premier Russe à courir avec la torche olympique et il avait fait savoir depuis longtemps qu’il allait prendre part à ces Jeux même si la LNH n’avait pas accepté d’y envoyer ses joueurs.

Oui ce seront bien les Jeux d’Ovechkin, l’occasion pour lui de s’imposer sur la scène mondiale et de la conquérir par sa puissance, sa vitesse et son courage, des qualités avec lesquelles il a déjà conquis l’Amérique du Nord.

Dans un peu plus d’une semaine, Ovechkin sera à Sotchi et se préparera à répondre à l’énorme responsabilité que les Russes, partout dans le monde, lui ont mise sur les épaules: donner à l’équipe de hockey de la Russie sa première médaille d’or, après les sept de l’ancienne Union soviétique et celle de l’Equipe unifiée de l’ex-URSS remportée à Albertville en 1992.

« Quand j’y pense, ce sera probablement un des plus grands moments de toute ma vie de représenter mon pays aux Jeux olympiques, et ce sera en Russie », a confié Ovechkin à LNH.com plus tôt cette saison. « Je suis privilégié d’être où je suis présentement et je l’apprécie. »

Mais Ovechkin ne pourra gagner la médaille d’or seul et il n’en est pas encore là. Il y a encore du travail qui l’attend en Amérique du Nord, où les choses ne vont pas si bien pour les Capitals et leur capitaine, qui ont fini janvier avec une fiche de 4-7-3, leur pire mois de la saison.

Ovechkin a peut-être Sotchi en tête, ce qui a pu contribuer à son différentiel de moins-5 à l’issue d’une défaite de 5-2 aux mains des Blue Jackets de Columbus jeudi. Les Capitals ont essuyé une autre défaite de 4-3 en fusillade à Detroit vendredi et ce sera à leur tour d’accueillir les Red Wings dimanche après-midi (12 h 30 H.E., NBC, NHLN-CA).

Pas moins de 12 joueurs inscrits aux Jeux de Sotchi pourraient alors faire partie du spectacle, dont six Suédois, deux Américains et deux Slovaques. Pavel Datsyuk pourrait être le deuxième Russe après avoir raté 12 matchs en raison d’une blessure au bas du corps.

Tout comme vendredi, quand il a forcé la prolongation avec un but tardif, Ovechkin occupera le meilleur siège possible pour observer ses futurs adversaires olympiques, surtout les nombreux Suédois des Red Wings. La Suède compte parmi les favoris pour gagner la médaille d’or avec le Canada, les États-Unis et la Russie.

Il pourrait notamment voir de très près le capitaine de la formation suédoise Henrik Zetterberg qui est aussi le capitaine des Red Wings, puisque l’entraîneur Mike Babcock (qui occupera le même poste avec l’équipe canadienne) devrait tenter de l’opposer au trio d’Ovechkin, Nicklas Backstrom et Marcus Johansson.

Ovechkin a complété le match de vendredi avec deux points et sept tirs au filet en 15 tentatives et si Babcock parvient à contrer le fait qu’il n’aura pas le dernier mot, Ovechkin risquera aussi de se retrouver souvent face aux défenseurs Niklas Kronwall et Jonathan Ericsson, qui devrait former le premier duo suédois à Sotchi.

Mais comme Babcock n’aura pas ce dernier mot justement, le Suédois Daniel Alfredsson et les Slovaques Tomas Tatar et Tomas Jurco risquent aussi de se retrouver sur la glace en même temps que l’as des Capitals.

Et il y a aussi Jimmy Howard, vu comme le troisième gardien américain à Sotchi, qui a effectué 26 arrêts vendredi et stoppé Ovechkin à six reprises avant d’être battu par un tir sur réception dirigé de la pointe gauche dans la circulation lourde avec à peine sept secondes à écouler en troisième période.

Et si Howard ne devait pas jouer, Ovechkin sera confronté à Jonas Gustavsson, un auxiliaire d’Henrik Lundqvist à Sotchi.

Ce sera donc à Ovechkin de trouver une façon de mener les Capitals à une victoire qui pourrait les aider à faire tourner le vent dans la bonne direction.

La marmite bout déjà à Sotchi mais la pression commence aussi à monter dans la capitale américaine. Et à chaque endroit, Ovechkin est au centre de l’attention, comme il aime!

Ce qu’il fera en février aura une implication sur son image et sa carrière.

Suivez Dan Rosen sur Twitter à: @drosennhl

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