Rask démontre qu’il n’est pas seulement un produit de l’étanche défense des Bruins

jeudi 2013-11-28 / 6:00
Matt Kalman  - Correspondant LNH.com

WILMINGTON, Massachusetts – Les recruteurs des Bruins de Boston ont tombé en amour avec le gardien Tuukka Rask bien avant qu’il devienne le choix de première ronde (21e) des Maple Leafs de Toronto en 2005.

Et bien que le Finlandais, qui est maintenant âgé de 26 ans, ait amplement comblé les attentes, il peut parfois être facile d’oublier que derrière l’étanche défense des Bruins, on retrouve l’un des meilleurs gardiens de la ligue.

Les Bruins se font une fierté de limiter le nombre de tirs et les chances de marquer contre eux. Et bien que Rask ait dominé la ligue pour la moyenne (1,97) et le taux d’efficacité (,931) à son année recrue en 2009-10 et permis aux Bruins d’être à deux victoires de remporter la Coupe Stanley la saison dernière, avec une moyenne de 1,88 et un taux d’efficacité de ,940 dans les séries éliminatoires, l’apport de Rask peut être oublié derrière les forces de l’équipe que sont Zdeno Chara, récipiendaire du trophée Norris, et du centre Patrice Bergeron, gagnant du trophée Selke, et des autres joueurs.

Puis vient le match que les Bruins ont joué contre les Rangers de New York le 19 novembre. Les Bruins disputaient un deuxième match en autant de soirs et ils ont perdu les services du défenseur Dennis Seidenberg dès sa première présence du la glace. Sentant l’adversaire affaibli, les Rangers ont attaqué avec 44 tirs au but. Chris Kreider a de plus obtenu un tir de pénalité et les Rangers ont eu deux autres échappées, mais Rask a effectué l’arrêt à chaque occasion. Le gardien a effectué 43 arrêts, un sommet personnel, dans la victoire de 2-1 et il a démontré tout son talent dans le seul match au cours duquel les Bruins ont accordé plus de 39 tirs cette saison.

Rask affrontera de nouveau les Rangers vendredi dans le cadre des Matchs de l’Action de Grâce au TD Garden (13h, NBC, TSN).

« Je ne cherche pas à démontrer au monde ce que je peux accomplir. Mais une fois de temps en temps, c’est comme un entraînement, on fait face à plusieurs montées et à des échappées », a récemment raconté Rask à LNH.com. « Ça fait partie du hockey et ça arrive de temps en temps, mais je n’aimerais pas que cela arrive à tous les matchs. »

Depuis son entrée dans la LNH, il y a cinq ans, la fiche de Rask dans les matchs de la saison régulière quand les Bruins accordent 40 tirs ou plus est de 7-1-0, ce qui démontre qu’il est rarement impliqué dans ce genre de matchs, mais elle démontre aussi comment il peut exceller quand il est bombardé. Rask n’a jamais été autant utilisé que cette saison, lui qui a commencé 20 des 24 premiers matchs des Bruins et il n’a jamais été retiré d’une rencontre. Sa moyenne de 1,69 et son taux d’efficacité de ,943 se retrouvent au sommet ou tout près, même s’il est sur un rythme de jouer plus de 65 matchs. Ce total pourrait même éclipser les 61 matchs qu’il aurait pu jouer si la saison 2012-13 avait été complète.

L’entraîneur en chef des Bruins, Claude Julien, n’hésite pas à envoyer son gardien devant le filet même quand les Bruins disputent deux matchs en autant de soirs. Rask a joué deux fois deux matchs en autant de soirs et dans ces quatre rencontres, son équipe a récolté six points sur une possibilité de huit.

« Il est capable de gérer cela, a dit Julien. Il y a eu certains matchs comme celui de New York où il a été très occupé, mais il y en a eu d’autres comme celui en Caroline, où il a lui-même dit qu’il n’avait pas eu grand-chose à faire. On doit regarder ce que l’équipe accomplit devant lui, s’il a été très occupé, et on tient compte de cela. Je pense que si on avait des inquiétudes concernant son endurance, elles ont été rejetées du revers de la main, la saison dernière et cette année. »

Les rigueurs des matchs éliminatoires ont appris à Rask comment combattre la fatigue. À son année recrue alors qu’il était âgé de 23 ans, il avait disputé les 13 matchs des Bruins dans les séries éliminatoires et les résultats avaient été affreux dans la défaite en deuxième ronde contre les Flyers de Philadelphie. Ces derniers ont comblé un déficit de 3-0 pour remporter la série. Dans les séries de 2013, Rask a joué 22 matchs et il était aussi frais qu’un joueur peut l’être à la fin de juin et il a tenu tête à Corey Crawford, son vis-à-vis des Blackhawks de Chicago, jusqu’à ce que le temps manque aux Bruins.

Quand tu as joué du hockey des séries éliminatoires pendant deux mois, deux matchs en deux soirs dans la saison régulière, six mois plus tard, n’ont pas le même impact.

« À un certain point, la fatigue mentale devient définitivement un facteur. Même quand tu disputes deux matchs en autant de soirs et que tu reçois plusieurs tirs, c’est comme si tu jouais en prolongation, c’est toujours bien, a dit Rask. Tu pousses et tu tentes de repousser tes limites. »

Heureusement pour Rask, il n’a pas plusieurs matchs au cours desquels il doit être la première, la deuxième ou la troisième étoile. L’équipe devant lui adhère à un système axé fondamentalement sur la limitation des buts contre, mais la défense peut se tourner en attaque. Les Bruins sont généralement parmi les meneurs de la ligue au chapitre du différentiel de buts, surtout à 5-contre-5. Bien sûr, il est plus facile de jouer le style des Bruins avec confiance quand on sait qu’un mur impénétrable défend le filet.

Les joueurs des Bruins affrontent Rask dans les entraînements et ils savent comment il est difficile de le déjouer.

« Nous savons évidemment tous qu’il est super rapide, a dit Chara. Certains gardiens sont vraiment rapides avec leurs mains, d’autres le sont avec leurs jambes. Mais Tuukka est autant rapide avec ses mains qu’avec ses jambes. C’est vraiment unique d’avoir un gardien qui couvre tout le filet avec autant de rapidité. »

Aussi rapide qu’il soit devant dans son demi-cercle, Rask est également avec la répartie. Contrairement à plusieurs gardiens qui transportent leur isolationnisme sur la glace dans le vestiaire, Rask est l’un des gars. Julien avait fait une déclaration célèbre au printemps dernier quand il avait dit que Rask était « normal » pour un gardien. Et il n’y aucune évidence pour le contredire. Rask est un membre actif de l’équipe quand vient le temps de sortir pour aller dîner, faire du travail communautaire ou participer à d’autres activées entourant l’équipe.

Son contrat de huit ans d’une valeur de 56 millions $ signé l’été dernier n’a pas changé sa vie à l’extérieur de la patinoire. Il a indiqué qu’il n’avait pas fait d’achats extravagants. Et il n’y a aucun doute qu’il est demeuré le même gardien.

« Il est une personne très calme, mais néanmoins une personne très compétitive, a dit Julien. Il suffit d’écouter ce qu’il dit après les matchs. Il ne parle vraiment pas comment il a bien joué, il aime donner le crédit aux autres. Nous savons qu’il a joué aussi bien qu’il le pouvait, mais il sera assez honnête pour dire qu’il connaît certains matchs plus faciles que d’autres en raison des bonnes performances de ses coéquipiers. Il ne s’emballe pas avec n’importe quoi.

« Certains individus sont plus confiants que d’autres et ils ne ressentent pas le besoin de se justifier pour tout. Ils se présentent sur la patinoire et font de leur mieux. On voit cela avec Bergeron, avec Chara. »

Rask a récemment été nommé sur le conseil d’administration de la fondation de son coéquipier Shawn Thornton. Le gardien a l’intention d’utiliser sa notoriété et sa fortune au profit de ceux qui en ont besoin tant à Boston qu’en Finlande par le biais de sa propre fondation. Vous pouvez être émerveillés par son jeu devant le filet et sa philanthropie, il suffit de ne pas prendre le mot « normal » à la lettre.

« J’aime faire partie d’une équipe. Mais encore là, sur la glace un gardien est seul, donc je ne pense pas qu’un gardien soit normal, a dit Rask. On peut sembler normaux, mais on ne l’est pas. »

Pour ce qui est d’être avec ses coéquipiers Rask dit : « Je ne veux pas être déplacé, mais je pense que c’est dans la nature des Finlandais d’être gentil avec tout le monde. »

Cette attitude n’était peut-être pas dans les premiers rapports des recruteurs concernant Rask, mais elle est très utile.

HAUT DE PAGE