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Les nouveaux intronisés revivent de grands moments au Forum annuel des amateurs

samedi 2013-11-09 / 20:45
Dan Rosen  - Journaliste Principal NHL.com

TORONTO - La question a été posée à la fin du Forum annuel des amateurs, d'une durée d’environ une heure entre les murs du Temple de la renommée du hockey, samedi. Elle a été posée aux quatre membres vivants qui font partie de la classe des nouveaux intronisés de 2013 du Temple de la renommée du hockey, par un garçon avec un voix aigue, installé dans la première rangée.

« Comment avez-vous su qu’il était temps de prendre votre retraite ? »

Chris Chelios, Scott Niedermayer, Brendan Shanahan et Geraldine Heaney ont dû y réfléchir. Ils semblaient un peu surpris que cette question, qui allait évidemment provoquer une réaction émotionnelle, en particulier lors de ce week-end riche en réflexions pour ceux qui entreront sous peu dans le cercle des légendes, soit venue de la bouche d’une si jeune personne.

Chelios a répondu en premier.

« Zéro buts, zéro passes, zéro points », a-t-il dit, se référant à ses statistiques en sept matchs avec les Thrashers d'Atlanta à la fin de la saison 2009-10, sa 26e dans la LNH. « C’était le temps de quitter. »

Niedermayer n’a pas eu une décision si facile. Il a dit qu'il pensait prendre sa retraite après avoir remporté la Coupe Stanley avec les Ducks d'Anaheim en 2007. Il a pris une pause lors des deux premiers mois de la saison suivante, mais l'attrait de jouer à nouveau était trop grand. Il est revenu pour les 48 derniers matchs de 2007-08 et a joué deux autres saisons après.

Il a mis un terme à une carrière digne du Temple de la renommée en remportant une médaille d'or olympique en tant que capitaine du Canada dans sa province natale de surcroit, la Colombie-Britannique. Mais même quand il a pris sa retraite en 2010, il a trouvé difficile de dire au revoir.

« J’ai vraiment apprécié les deux dernières années, en sachant que ça prendrait fin très rapidement, a dit Niedermayer. Même quand j'ai pris la décision, cela n’a pas été si facile. C'était très amusant de faire partie de ces équipes en lice pour la Coupe Stanley. C'était un choix difficile, mais je me sens bien à ce sujet depuis. »

Heaney a accroché ses patins après avoir remporté l'or aux Jeux olympiques de Salt Lake City en 2002. Elle a joué 22 ans pour l'équipe nationale féminine du Canada et s'est imposée comme l'un des défenseurs d'élite, comme une pionnière de ce sport chez les femmes et on a également établi des comparaisons avec Bobby Orr.

« J'ai fait tout ce que je voulais faire, a déclaré Heaney. Vous mettez votre vie en mode attente et je voulais arriver à cette prochaine étape dans ma vie, avoir des enfants, mais je ne voulais pas faire cela avant d’avoir fini de jouer. »

Shanahan a dit qu'il a pris sa retraite même si le sport était toujours amusant pour lui. Il a terminé sa carrière avec 654 buts.

« C'était très difficile, a-t-il dit. Vous vous posez des questions: ‘Puis-je encore jouer et le faire à un niveau qui me satisfait, sans que cela ne devienne embarrassant ?’ Pour moi, la réponse était non, je ne pouvais plus jouer au niveau que j'ai le plus aimé. »

Quatre ans plus tard, Shanahan se retrouve devant un long week-end à Toronto, près du lieu de son enfance à Mimico, en Ontario, pour parler de l'époque où il pouvait toujours jouer à ce niveau. Shanahan, Chelios, Niedermayer et Heaney ont passé une heure à parler de cela, samedi.

Voici d'autres extraits du Forum annuel des amateurs du Temple de la renommée du hockey, un événement annuel qui existe depuis 1999 et qui remonte au moment où Wayne Gretzky a été intronisé :

La première fois où ils ont joué pour leur pays

L'un des segments les plus drôles de l'événement.

Pour Niedermayer et Heaney c'était simple. Niedermayer a de bons souvenirs d’avoir joué pour le Canada et d’avoir remporté l'or au Championnat mondial de hockey junior de 1991. Heaney a parlé de son premier Championnat du monde en 1990, qui était le premier championnat du monde pour les femmes, affirmant qu'elle ne l'oubliera jamais, même si l'équipe portait du rose au lieu du rouge.

Cependant, Shanahan et Chelios ont des souvenirs différents.

Pour Shanahan, c'était le Championnat mondial junior en 1987, lorsque le Canada et l'Union soviétique ont été disqualifiés après une bataille générale de 20 minutes.

« Pour moi, c'était lors du Championnat mondial junior et nous avons été expulsés du tournoi et avons déshonoré notre pays, donc ce n’était pas génial », a dit ce dernier en souriant.

« Pour moi, c’est comme pour Shanny, a dit Chelios. Peut-être la pire expérience de ma vie qui est survenue était aux Championnat mondial junior disputé dans le Minnesota, nous perdions 8-0 face aux Russes après la première période, nous étions hués sur la glace du Met Center et nous n'avions même pas envie de sortir du vestiaire. Au moins, les Russes ont eu la décence de ne pas tirer vers le filet à nouveau pour le reste du match et ça s’est terminé 8-0.

« Horrible expérience. Nous sommes retournés à nos collèges et nous étions si embarrassés d'être américains à ce moment-là. C'était atroce. Nous avons pris une raclée. »

Leurs équipes préférées et leurs idoles d'enfance

Chelios a grandi à Chicago et naturellement il était un fan des Blackhawks.

« Nous n'avons pas vu beaucoup de matches à la télévision à l'époque, mais ils ont eu de grands joueurs, a-t-il dit. Bobby Hull et Stan Mikita. Keith Magnuson était le cœur et l'âme de l'équipe, donc il était l'un des favoris des amateurs. Je les aimais tous. »

Heaney et Shanahan sont issus de la région de Toronto, alors ils ont grandi en tant que partisans des Maple Leafs. Les deux ont reconnu que Darryl Sittler était et est toujours leur idole.

Niedermayer n'avait pas forcément une équipe favorite en grandissant à Cranbrook, en Colombie-Britannique, alors il prenait contre l’équipe que tout le monde regardait.

« J'étais probablement un fan secret des Oilers, mais tout le monde s'est mis à applaudir et à prendre pour eux, j’ai senti que c'était mon devoir de ne pas prendre pour eux, a déclaré Niedermayer. J'étais un fan de ceux qui jouaient contre eux. »

Des souvenirs de leur première Coupe Stanley

Chelios, qui a remporté la Coupe pour la première fois avec le Canadien de Montréal en 1986, a déclaré qu'il n'oubliera jamais le défilé sur la rue Sainte-Catherine.

« Je pense que le défilé était censé durer une heure et demi, mais chaque partisan me passait un verre et ça s'est transformé en un défilé de quatre heures, a-t-il dit. Nous arrêtions pour aller dans les restaurants afin de parler aux gens. Sans aucun doute ce qui ressort le plus dans mon esprit, c'est cette parade sur la rue Sainte-Catherine. »

Niedermayer a remporté le premier de ses quatre championnats de la Coupe Stanley en 1995 avec les Devils du New Jersey. Il avait 21 ans.

« J'étais très jeune à l'époque et il n'y avait pas beaucoup d'analyse ou de réflexion profonde, c’était davantage dans le genre : c'est génial, faisons la fête », a-t-il dit.

Shanahan a rappelé qu’il était parmi tant de joueurs qui gagnaient pour la première fois en 1997 avec les Red Wings de Detroit. Mike Vernon, Larry Murphy et Joey Kocur étaient les seuls joueurs de cette équipe qui avaient déjà remporté la Coupe.

« D’être en mesure de ramener la Coupe à la maison pour faire la fête avec vos amis, je pense que nous avions deux jours pour le faire et nous avons profité entièrement de ces jours », a déclaré Shanahan.

Contre quel joueur ils détestaient le plus jouer ?

Chelios est un gars de Chicago, mais il ne lui a pas fallu longtemps pour s'adapter à la rivalité Montréal-Québec. Interrogé sur l'équipe et le joueur qu'il détestait le plus, sa réponse a été rapide.

« Tellement facile, a dit Chelios. Les Nordiques de Québec et Dale Hunter. Cette rivalité Montréal-Québec était là, mais chaque fois que je voyais la photo de Dale Hunter je grinçais des dents. »

Le rival évident de Heaney était l'équipe nationale féminine des États-Unis. Elle a affirmé que Cammi Granato, la première femme intronisée au Temple de la renommée, ne donnait pas sa place.

Niedermayer a dit qu’il aimait se rendre à des patinoires adverses, surtout quand l'endroit était bondé et rempli d'énergie. Mais il détestait jouer contre ceux que l’on surnomme les pestes.

« Ce sont des gars qui ne vous laissaient jamais tranquilles, comme Esa Tikkanen et des joueurs de ce genre, a dit Niedermayer. Ils vous suivaient sur la glace et essayaient de vous sortir de votre match. »

Shanahan a regardé Niedermayer et a dit qu'il était à sa façon une peste, non pas parce qu'il tentait d’ennuyer Shanahan, mais parce qu'il le faisait par la façon dont il jouait.

« Je prendrais ma chance contre Scott Stevens n'importe quand, par opposition à affronter Scott Niedermayer, a déclaré Shanahan. Les gars qui étaient d’excellents patineurs et qui venaient vers vous alors que vous vous attendiez à vous faire frapper, mais qui à la place, vous soutiraient la rondelle sans avoir à vous frapper. Des joueurs comme Brian Rafalski, Scott Niedermayer et Brian Leetch, ce sont les gars qui me rendaient fou et contre qui je n’avais pas de plaisir à jouer. »

Qu'en est-il de l'équipe ou des équipes ?

« Lors de mon passage à Detroit c'était Dallas et l'Avalanche, a déclaré Shanahan. Je me souviens d’avoir participé à un échauffement et d’avoir regardé Adam Foote ou Derian Hatcher et d’avoir pensé : ‘Oh non, je vais avoir à affronter un de ces gars ce soir.’ La plupart des batailleurs me laissaient tranquille parce que nous étions dans une classe différente, mais les gars comme Adam Foote et Derian Hatcher, de bons joueurs, ils vous couraient après et je me disais : oh, encore… »

Au niveau compétitivité

Une chose qu'ils ont tous en commun, c'est leur compétitivité. Vous n'obtenez pas une place au Temple de la renommée sans être compétitif. Et ça ne s'en va pas si facilement, selon Shanahan.

« J'ai commencé le tennis il y a quelques années et un gars au club était habitué à me battre tout le temps, a déclaré Shanahan. J'ai patienté jusqu'à la fin de l'été, quand j'ai su qu'il venait d'avoir un trajet de cinq heures, je l’ai affronté et je l'ai battu. J’en ai parlé tout l'été. Nous avons tous cette maladie. J'ai continué à en parler. Ma femme me disait qu’il était temps de grandir un peu. »

Shanahan a dit qu'il se sent autant gonflé à bloc en regardant son fils gagner que lorsqu’il le faisait. Chelios, Niedermayer et Heaney pensent la même chose.

« Ma fille joue au hockey et elle a remporté le Championnat de l'état l'an dernier lors d'un match qui s’est rendu en prolongation et j'ai toujours les mêmes frissons, a dit Chelios. J’ai eu ces mêmes frissons l’année dernière quand j'étais avec l’équipe gagnante de la Coupe Calder à Grand Rapids. C'est la même chair de poule. Rien de tel que de gagner un championnat et de le partager avec un groupe de joueurs et de coéquipiers. »

Suivez Dan Rosen sur Twitter: @drosennhl

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