Daniel et Henrik Sedin s'entendent pour quatre autres années avec les Canucks

vendredi 2013-11-01 / 21:59
Kevin Woodley  - Correspondant LNH.com

VANCOUVER – Quand Daniel et Henrik Sedin ont signé leurs prolongations de contrat identiques de quatre ans et 28 millions $ vendredi, c’était une occasion pour leurs coéquipiers de célébrer leur domination offensive.

Pour leur entraîneur John Tortorella, c’était également une opportunité de mettre certaines choses au clair à propos de la réputation des jumeaux.

« Ce qui me dérange le plus par rapport à la réputation de ces deux gars-là – et je ne sais pas vraiment qui a commencé tout ça, mais notre ligue a une mentalité tellement néandertalienne – c’est quand on dit des Sedin qu’ils sont ‘mous’ », a dit Tortorella lors d’une longue tirade pour défendre ses deux meilleurs joueurs. « Ça fait longtemps que je meurs d’envie d’en parler. Ce ne sont pas des joueurs ‘mous’. Cette réputation me fâche, c’est tellement loin de la vérité et irrespectueux. »

Les jumeaux Sedin, âgés de 33 ans, en étaient à la dernière année de leurs précédents contrats de cinq ans et 30,5 millions $ et devaient devenir joueurs autonomes sans compensations en juillet 2014. Ils figurent aux premier et deuxième rangs de l’histoire des pointeurs de l’équipe, mais auront 37 ans lorsque leurs nouveaux contrats expireront. Ils ont essuyé bon nombre de critiques – ils ont déjà été renommés « les sœurs Sedin » par un animateur de radio à Vancouver – depuis qu’ils ont été repêchés deuxième et troisième à l’encan 1999.

« On s’attendait à évoluer pour deux équipes différentes quand on a été repêchés et 14 ans plus tard, on fait encore partie de la même équipe et c’est du jamais vu, a dit Henrik. Ça en dit beaucoup sur notre organisation. Ils auraient plusieurs fois pu décider d’aller dans une autre direction, mais ils ne l’ont pas fait et nous sommes très chanceux d’être ici. »

Tortorella ne voit les Sedin à l’oeuvre de près que depuis quelques mois, mais il a rapidement constaté toute la pression qu’ils subissent.

« Ils jouent dans les endroits difficiles, a mentionné Tortorella. Regardez à quel point ils jouent dur le long des rampes, comment ils protègent la rondelle. On se perd dans tout ce talent. Et il y en a qui croient qu’ils sont ‘mous’. Ils ont tellement tort. »

Mike Gillis s’est lui-même posé des questions à propos des frères Sedin lorsqu’il est devenu le directeur général de l’équipe en 2008, lui qui avait dit à l’époque qu’il n’était pas certain qu’ils soient des joueurs autour desquels il était possible de bâtir une équipe. Les Sedin se dirigeaient vers l’autonomie complète après cette saison 2008-09, et il a fallu un vol de dernière minute de Gillis dans leur Suède natale pour signer leurs contrats actuels.

Cette fois, les négociations ont été beaucoup plus faciles des deux côtés. Les discussions ont duré quatre mois, mais Gillis a indiqué que le seul point qui posait problème était le plafond salarial, et qu’il fallait s’assurer qu’il resterait suffisamment d’argent pour dépenser ailleurs.

« C’était aussi fluide que ça aurait pu l’être avec des joueurs comme eux », a dit Gillis.

En plus d’être le capitaine des Canucks, Henrik est le meneur de l’histoire de l’organisation au chapitre des points (810), des mentions d’assistance (625), du différentiel (plus-209) et des matchs consécutifs disputés (644), une séquence que seul le défenseur des Blues de St. Louis Jay Bouwmeester dépasse parmi les joueurs actifs.

Son frère cadet (de quelques minutes) Daniel, un des assistants au capitaine, figure au deuxième rang de l’histoire de l’équipe avec ses 773 points. Il est également le meneur chez les Canucks au chapitre des buts gagnants avec 64, et des buts en prolongation avec 10.

Henrik a remporté les trophées Hart et Art Ross en 2010 après avoir connu une saison de 112 points, un sommet en carrière. Daniel a gagné le Art Ross grâce à ses 104 points – lui aussi un sommet en carrière – en 2011, et était finaliste pour le Hart.

Les deux joueurs florissent aussi grâce à leur temps de glace à la hausse dû à leurs nouvelles responsabilités en désavantage numérique sous la gouverne de Tortorella, alors qu’Henrik figure dans le top-5 des pointeurs de la LNH avec 18 points dont 15 aides – un sommet dans la ligue – et que Daniel n’est pas trop loin derrière avec ses six buts et 15 points en 15 rencontres.

Leur troublante capacité de toujours se trouver l’un et l’autre sur la glace tout en contrôlant la rondelle n’est qu’une infime partie de l’art offensif déployé par les Sedin.

Il y a trois saisons, ils ont commencé à utiliser la stratégie du dégagement refusé intentionnel pour créer des échappées, alors qu’Henrik sortait la rondelle de son territoire en l’envoyant sur la rampe à l’autre bout de la patinoire pour qu’elle rebondisse et que Daniel la récupère en fonçant vers le filet, ce qui prenait souvent le défenseur et le gardien adverses par surprise. Même avec l’ajout du dégagement hybride cette saison, ils ont réussi à marquer à la suite de cette stratégie contre les Devils du New Jersey et leur ancien coéquipier Cory Schneider récemment. Les Sedin sont également les premiers à utiliser le tir-passe pour créer des jeux, pendant que Daniel est positionné dans l’enclave pour rediriger le tir frappé d’Henrik sur le jeu de puissance.

« En parlant à d’autres joueurs à travers la ligue, on se rend compte qu’ils (les Sedin) sont reconnus pour les jeux qu’ils font, et ils en ont inventés quelques-uns, a mentionné Ryan Kesler. Certains gars à qui j’ai parlé m’ont dit que leur équipe avait même donné un nom au tir-passe des Sedin, alors ils sont bien connus pour leur créativité. »

Gillis sait à quel point il aurait été difficile de remplacer de tels joueurs sur le marché des joueurs autonomes.

« Ç’aurait été impossible, a dit Gillis. Trouver deux joueurs sur le marché des joueurs autonomes qui comprennent et apprécient ce que ça signifie de jouer ici à Vancouver et qui seraient prêts à travailler avec nous pour essayer de maintenir une équipe aussi compétitive que possible serait impossible. »

Demeurer compétitifs est également important pour les Sedin.

« Nous voulons gagner, c’est l’objectif, a dit Daniel. En vieillissant, tu réalises que tes chances s’amenuisent de plus en plus. Nous voulons avoir une bonne équipe autour de nous et nous avons la chance d’avoir une bonne équipe autour de nous pour plusieurs années. C’est vraiment important pour nous, c’est ce qu’on veut; une Coupe Stanley. »

Ils sont passés à un match de réussir l’exploit en 2011, et on parle beaucoup de leurs chances de gagner qui rétrécissent plus les Sedin – et le reste du noyau des Cancuks – vieillissent. Mais Gillis et Tortorella voient les jumeaux comme les éléments clés pour assurer la transition des jeunes joueurs de l’organisation au cours des prochaines années.

« De la façon dont ils se comportent, avec les jeunes qu’on espère qui se tailleront un poste avec l’équipe, de les avoir ici pour pouvoir montrer l’exemple aux jeunes, on ne pourrait être plus heureux », a déclaré Tortorella.

Et montrer l’exemple inclut aussi leur travail au sein de la communauté.

Plus tôt cette saison, leurs familles ont lancé le programme « Sedin Corner » (le Coin des Sedin) au Rogers Arena pour les matchs à domicile des Canucks cette saison. C’est une loge de 14 personnes qui accueille des œuvres de charité et des groupes de Colombie-Britannique qui supportent la santé et l’éducation des enfants ainsi que le bien-être familial. Les Sedin avaient aussi fait un don de 1,5 million $ au B.C. Children's Hospital en 2010.

« C’est chez nous », a dit Daniel, notant que deux de ses trois enfants sont nés à Vancouver. « Nous avons toujours aimé ça ici et nos familles adorent ça aussi et c’est très important. Et de faire partie de cette excellente équipe pour les prochaines années était ce qu’il y avait de plus important pour nous. »

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