30 en 15 : L’Avalanche cherche à atteindre la prochaine étape sous les ordres de Roy

mardi 2013-09-17 / 7:00
Brian Hunter  - Journaliste LNH.com

Lorsque l’Avalanche du Colorado a terminé au dernier rang de l’Association de l’Ouest en 2008-09, les perspectives n’étaient pas très réjouissantes pour la saison qui allait suivre.

Alors que plusieurs experts ne plaçaient pas de grandes attentes envers le Colorado, l’équipe s’est rapidement regroupée. Stimulés par le repêchage du jeune centre Matt Duchene avec le troisième choix au total, ainsi que par le jeu inspiré du gardien Craig Anderson, les joueurs de l’Avalanche sont parvenus à se qualifier pour les séries éliminatoires grâce à un but de Duchene en fusillade contre Vancouver au cours de la dernière semaine de la saison régulière.

Par contre, au cours des trois campagnes qui ont suivi, le Colorado n’a pu répéter l’exploit de prendre part à la grande danse du printemps, et après une autre 15e place dans l’Ouest en 2012-13, de grands changements ont été apportés. L’Avalanche a maintenant un nouvel entraîneur en Patrick Roy, et a mis la main sur Nathan MacKinnon lors du dernier repêchage. Les attentes seront peut-être modestes envers l’Avalanche à l’extérieur de Denver, mais ce ne sera pas le cas dans le vestiaire de l’équipe.

« Je crois que ce que j’ai appris au cours des dernières saisons, c’est que la ligne est très mince entre se qualifier pour les séries éliminatoires et les rater. J’ai beaucoup de respect pour les équipes qui parviennent à y participer et qui se rendent loin », a expliqué Duchene au LNH.com plus tôt ce mois-ci dans le cadre du tournée médiatique des joueurs de la LNH. « Je pense que ce qu’il nous manque en terme d’expérience, nous le comblons avec notre talent et notre potentiel. »

Roy, qui aura 48 ans en octobre, effectue un retour avec l’Avalanche, là où il est très apprécié après y avoir terminé sa carrière, pendant laquelle il a signé 551 victoires en plus de remporter quatre Coupes Stanley, dont les deux dernières avec le Colorado, où il a passé huit ans. Roy a été entraîneur dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec au cours des huit dernières années, mais Duchene croit qu’il s’adaptera bien à l’alignement actuel de l’Avalanche.

« Nos jeunes joueurs ont encore beaucoup de choses à apprendre. Je dois personnellement améliorer plusieurs aspects de mon jeu, a ajouté Duchene. En tant que gardien, il est familier avec les deux phases de notre sport. Il a vu plusieurs types d’attaques être déployées vers lui, mais il sait aussi comment fonctionne la défensive. Il peut vraiment aider un joueur comme moi à devenir plus complet et à raffiner mon jeu. »

En ce qui concerne les modifications apportées sur la patinoire, le départ le plus important est celui du vétéran attaquant Milan Hejduk, qui a été le coéquipier de Roy lors de la dernière conquête de la Coupe Stanley par le Colorado en 2001. L’addition d’un autre membre de cette édition championne, l’attaquant Alex Tanguay, est très importante, tout comme la présence de MacKinnon, le tout premier choix au repêchage 2013 de la LNH.

ATTAQUANTS

Si l’Avalanche a encore beaucoup de travail à abattre en défensive, aucune excuse ne sera acceptée si l’attaque ne produit pas davantage que l’an dernier, alors qu’elle avait été limitée à 2,38 buts par rencontre, au 26e rang de la LNH. Cependant, toutes les pièces sont en place pour que l’offensive soit bien plus productive.

Le premier trio donnera le ton, alors que Duchene devrait piloter une unité qui sera complétée par Ryan O'Reilly et PA Parenteau. Duchene, qui fêtera son 23e anniversaire en janvier, a déjà disputé 266 rencontres dans la LNH, et il progresse exactement comme l’espérait l'Avalanche lorsqu’elle l’a repêché en 2009. Après avoir connu une saison difficile en 2011-12 marquée par les blessures et l’inconstance, il a bien rebondi l’an dernier avec une récolte de 17 buts et 43 points en 47 parties. Ce rendement a poussé l’Avalanche à lui accorder une prolongation de contrat de cinq ans au cours de l’été.

Ces 43 points lui ont permis de terminer au premier rang des pointeurs de l’équipe, à égalité avec Parenteau. Ce dernier s’est très bien intégré à sa première campagne à Denver après avoir accepté un important contrat à titre de joueur autonome, lui qui s’était d’abord établi comme joueur régulier de la LNH avec les Islanders de New York en 2011-12. O'Reilly, sélectionné une ronde, soit 30 échelons, après Duchene en 2009, a aussi obtenu une lucrative entente en février dernier après que l’Avalanche eut égalé l’offre hostile qu’il avait acceptée des Flames de Calgary, lui qui était alors joueur autonome avec compensation. Sa récolte de 20 points l’a placé au cinquième rang de l’équipe, même s’il n’a pris part qu’à 29 rencontres. Ce joueur de centre naturel évoluera toutefois à une nouvelle position cette saison, soit à l’aile gauche.

« C’est moi en fait qui a suggéré à un des entraîneurs adjoints de le muter à l’aile sur mon trio », a admis Duchene en parlant de O’Reilly. « Nous avions un vide à combler sur l’aile gauche. J’ai joué avec plusieurs bons joueurs l’an dernier, et ce fut très plaisant, mais aucun d’entre eux n’est vraiment parvenu à s’établir à cette position. Il est un joueur très intelligent, et il va très rapidement s’adapter à cette nouvelle situation. »

Le deuxième trio du Colorado pourrait être la clé des succès de l’équipe si Paul Stastny et Gabriel Landeskog peuvent revenir en force. Stastny n’a obtenu que neuf buts et 24 points en 40 matchs, et son nom a très souvent été mentionné dans les rumeurs de transactions. De son côté, Landeskog a subi une commotion cérébrale tôt dans la saison, et il a aussi souffert de la guigne de la deuxième année après avoir connu une excellente saison recrue. Ces deux joueurs seront vraisemblablement associés à Tanguay, qui a toujours le talent pour évoluer sur l’une des deux premières lignes d’attaque à 33 ans.

MacKinnon, qui a soufflé 18 bougies le 1er septembre, devrait être en mesure de faire une entrée en douceur dans la LNH alors qu’il sera le centre du troisième trio en compagnie de Jamie McGinn et de Steve Downie. Roy n’aura donc pas besoin de le surcharger de responsabilités ou de lui faire passer beaucoup de temps sur la glace pour amorcer sa carrière, mais MacKinnon aura l’occasion de forcer la main de son entraîneur s’il s’adapte rapidement.

« Je vais tenter de garder les choses simples et de m’améliorer tous les jours, a souligné MacKinnon à l’occasion de la première journée du camp des recrues. Je vais assimiler le système, travailler le plus fort possible et espérer que mes habiletés vont ressortir. Je ne vais pas tenter d’en faire trop, et me contenter de jouer ma partie et de ne pas apporter de changement à mon style de jeu. »

D’autres espoirs qui sont présents au camp d’entraînement, tels que Michael Sgarbossa, Colin Smith et Joey Hishon, tenteront de déloger les vétérans Cody McLeod, John Mitchell, Brad Malone, Patrick Bordeleau, Mark Olver et David Van Der Gulik pour obtenir un poste sur le quatrième trio ou comme attaquants additionnels.

À l’exception des joueurs qui ont été ajoutés, le changement le plus important apporté afin de relancer l’attaque pourrait être l’embauche de Roy, car ce dernier est prêt à donner plus de liberté à ses joueurs de talent. Cette perspective rend plusieurs joueurs, dont Duchene, impatients d’entreprendre la campagne.

« Nous ne pratiquions pas un style offensif axé sur la vitesse, nous mettions à mon avis un peu trop l’accent sur le travail en fond de territoire », a noté Duchene à propos de la philosophie de son ancien entraîneur Joe Sacco. « Maintenant, Patrick comprend tellement bien le jeu et il est tellement intelligent qu’il pourra modifier tout ce qui ne marchera pas au départ. Il a déjà été en mesure de déterminer comment notre équipe devrait jouer dès le premier match de la saison. »

DÉFENSEURS

En repêchant MacKinnon plutôt que Seth Jones, le Colorado a choisi de laisser passer la chance d’ajouter un espoir dynamique à une ligne bleue qui était considérée comme la plus importante faiblesse de l’équipe l’an dernier. L’Avalanche a alloué 31,4 lancers par rencontre, la sixième pire fiche du circuit à ce chapitre, alors que les 3,12 buts alloués en moyenne par rencontre leur conféraient le 26e rang de la ligue.

En plus de l’inexpérimenté André Benoît, le vétéran Cory Sarich fait partie des nouveaux visages présents au camp d’entraînement, lui qui a évolué avec les Flames de Calgary au cours des six dernières saisons. Il s’est amené au Colorado avec Tanguay dans le cadre d’une transaction. À 35 ans, Sarich compte plus de 900 parties dans la LNH, mais avec seulement deux mentions d’aide en 28 parties la saison dernière, il est clairement un joueur unidimensionnel. Benoît, qui aura 30 ans en janvier, a quant à lui roulé sa bosse, et il vient de goûter à son premier séjour prolongé dans la LNH alors qu’il a disputé 33 parties de saison régulière et de séries avec les Sénateurs d’Ottawa.

Ce qui est évident, c’est que l’Avalanche devra obtenir un meilleur rendement des défenseurs qui seront de retour, notamment des vétérans Erik Johnson, Ryan Wilson, Jan Hejda et Matt Hunwick, ainsi que de deux défenseurs prometteurs de 22 ans, Tyson Barrie et Stefan Elliott.

Avec quatre mentions d’aide en 31 matchs la saison dernière, les statistiques de Johnson ne sont guère plus reluisantes que celles de Sarich. La différence est que Johnson est dans la fleur de l’âge à 25 ans, alors que cet ancien premier choix au total au repêchage par les Blues de Saint-Louis a connu une saison de 10 buts et 39 points à sa deuxième campagne dans la LNH. À l’instar de Wilson, qui n’a participé qu’à 12 parties en 2012-13, la progression de Johnson a été ralentie par les blessures. Le Colorado a besoin que ces deux joueurs demeurent en santé toute l’année.

Bien qu’il soit prévu que les espoirs Duncan Siemens, Will Butcher et Chris Bigras contribuent de manière considérable au cours des années à venir, l’aide à court terme viendra vraisemblablement du duo composé de Barrie et d’Elliott. Ils ont tous deux donné un aperçu de leur potentiel offensif, mais c’est leur fiabilité en territoire défensif qui déterminera s'ils décrocheront un poste régulier avec l’équipe.

GARDIENS

L’une des rumeurs qui circulaient avec le nom de Stastny l’envoyait avec les Sabres de Buffalo en retour de Ryan Miller, mais l’Avalanche semble vouloir faire confiance à Semyon Varlamov, dont elle a fait l’acquisition avant la saison 2011-12 en retour de choix au repêchage. Au cours des trois dernières campagnes, soit depuis sa dernière saison à Washington, le gardien russe a vu sa moyenne de buts alloués grimper de 2,23 à 2,59 puis à 3,02, alors que son pourcentage d’arrêts est passé de ,924 à ,913 avant de descendre à ,903.

Varlamov a cependant remporté 26 victoires à sa première saison à titre de partant au Colorado, un sommet en carrière, et il a signé sept blanchissages en 88 parties depuis son arrivée. Tout comme Johnson à la ligne bleue, il est un ancien premier choix, et il est âgé de seulement 25 ans.

Plutôt que de perdre espoir en Varlamov, l’Avalanche s’est assuré des services de l’entraîneur des gardiens François Allaire, ce qui laisse croire que sa situation future pourrait s’avérer prometteuse. Allaire a eu une influence majeure sur la carrière de Roy, en plus de relancer celle de l’auxiliaire actuel de Varlamov, Jean-Sébastien Giguère.

Maintenant âgé de 36 ans, le lauréat d’un trophée Conn Smythe et d’une Coupe Stanley avec les Ducks d’Anaheim ne peut plus transporter à lui seul une équipe sur ses épaules pour une période prolongée, mais il a affiché d’excellentes statistiques à sa première saison en tant qu’adjoint à Varlamov (15-11-3, moyenne de buts alloués de 2,27 et pourcentage d’arrêts de ,919 en 32 rencontres en 2011-12) avant de connaître davantage de difficultés au cours de la dernière saison écourtée.

Varlamov et Giguère doivent être meilleurs si l’Avalanche espère avoir une chance de se battre pour l’une des dernières places donnant accès aux séries éliminatoires dans la nouvelle division Centrale, mais la majeure partie du travail appartient à la défensive, qui devra accorder beaucoup moins de chances de marquer de qualité afin de rendre la vie de ses gardiens plus facile.

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