Gallagher a donné raison à ceux qui ont cru en lui

vendredi 2013-09-06 / 16:56
John Ciolfi  - Journaliste LNH.com

Brendan Gallagher a pris l’habitude de faire mentir tous ceux qui ont pu douter de lui.

Comme recrue chez les Giants de Vancouver de la Ligue junior de l’Ouest par exemple, il a entrepris la saison considéré comme le 13e attaquant de qui on attendait peu, mais il a fini par s’imposer dans le premier trio.

Puis quand le Canadien de Montréal l’a repêché en cinquième ronde en 2010, les experts ont affirmé qu’à 5 pieds 9 pouces, il était trop petit pour faire sa marque dans la LNH. Et lorsque s’est ouvert le camp d’entraînement retardé en janvier dernier, peu s’attendaient à ce qu’il gradue dans la formation et encore bien moins à ce qu’il joue un rôle important dans les succès de l’équipe.

Il a fini la saison à égalité en tête des marqueurs de son clan, avec 15 buts en 44 rencontres, et au quatrième rang des compteurs chez les recrues, avec 28 points.

Plusieurs athlètes dans son cas vont se servir de ces critiques négatives comme motivation, question de prouver à leurs critiques qu’ils ont tort. Mais Gallagher a raisonné à l’opposé.

« Je ne pense pas avoir jamais joué en fonction de montrer aux gens qu’ils se trompaient. Pour moi, il s’est agi de prouver aux gens qui ont cru en moi qu’ils avaient raison », a-t-il déclaré à LNH.com vendredi dans le cadre de la tournée annuel le médiatique des joueurs de la LNH. « Les critiques ne me dérangent pas. On va toujours dire que je suis trop petit, ou autre chose. Je ne m’en fais pas trop avec ça. Ce sont les gens qui vous aident et qui vous supportent qui comptent, c’est pour eux que l’on veut jouer. »

Après avoir terminé au deuxième rang dans la course au trophée Calder remportée par Jonathan Huberdeau et aidé le Canadien à passer du dernier au deuxième rang de l’Association de l’Est en 12 mois, on peut dire sans risque de se tromper que Gallagher a donné raison à ceux qui ont eu foi en lui. Ce qui ne veut pas dire qu’il va se satisfaire de ses accomplissements, loin de là. Il sait qu’il y a encore beaucoup de travail à faire si le Canadien veut éviter une autre sortie rapide des séries comme ce fut le cas le printemps derniers quand il a été sorti après cinq matchs contre les Sénateurs d’Ottawa.

« J’y ai beaucoup pensé cet été, j’ai eu beaucoup de temps pour le faire, a rappelé Gallagher. Selon moi, nous avons une jeune équipe et pour beaucoup, dont moi-même, l’expérience des séries était quelque chose de nouveau. À mesure que la série avançait, ils réagissaient mieux que nous. Mais comme jeune équipe, nous avons beaucoup appris et je pense que cela nous rendra meilleurs cette année. »

Le Canadien aura aussi un lourd défi à relever, soit celui de défendre son titre de champion de division. Avec l’arrivée des deux équipes de la Floride et des Red Wings de Detroit, la division Atlantique pourrait s’avérer la plus compétitive des quatre nouvelles divisions de la LNH. Mais encore une fois, Gallagher se concentre sur le positif.

« Ce sera certainement plus difficile d’accéder aux séries, a-t-il reconnu, mais je pense que ça va aussi nous rendre plus forts. Je m’attends à ce que nous soyons compétitifs tout au cours de la saison. Ces matchs à l’intérieur de notre division deviennent beaucoup plus significatifs et extrêmement intenses. J’ai hâte que la saison commence, ça devrait être plaisant. »

Le Canadien devrait aussi bénéficier de l’arrivée de ses trois récentes acquisitions, soit l’attaquant Georges Parros et le défenseur Douglas Murray, deux rudes gaillards qui, au dire de Gallagher, « vont commander le respect », et Daniel Brière, un joueur offensif de la taille de Gallagher. À ce sujet, si le jeune de 20 ans estime être en mesure d’en apprendre beaucoup de son nouveau coéquipier, il n’a aucune intention de se départir de la ténacité et de l’agressivité qui sont sa marque de commerce.

« Mon style de jeu ne changera jamais », a-t-il prévenu fièrement. « C’est comme ça que je joue depuis que je suis enfant. Que ça plaise ou pas, je vais continuer à jouer de la même façon. On veut jouer pour gagner. »

C’est sa nature compétitive ainsi que son excellent coup de patin et son éthique de travail irréprochable qui ont fait de Gallagher un adversaire remarqué et un joueur apprécié des partisans du Canadien. Le jeune homme apprécie de son côté cet enthousiasme des partisans montréalais mais le natif d’Edmonton précise qu’il doit continuer de travailler fort pour mériter pareil soutien.

On pourrait croire qu’avoir été finaliste au trophée Calder et être devenu un favori de la foule dans un marché où le hockey est une religion suffisent à prouver que vous appartenez bel et bien et à la LNH, mais Gallagher, lui, estime qu’il n’a fait que commencer à montrer ce qu’il peut faire à ce niveau.

« Je ne me suis pas imposé comme un joueur établi, a-t-il dit. Il y a encore beaucoup à accomplir pour moi dans cette ligue, je ne me considère donc pas comme un joueur établi. Je vois simplement la dernière saison comme un pas dans la bonne direction. »

S’il continue dans la bonne direction, il devrait aider le Canadien à continuer de s’améliorer lui aussi et peut-être éventuellement ramener la Coupe Stanley où certains pensent qu’elle devrait toujours être, à Montréal. D’ici là, Gallagher va continuer de travailler fort et de prouver à ses critiques qu’ils ont eu tort en offrant de solides performances pour ceux qui ont cru en lui.

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